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 Démonographie de Léviathan

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Eloin
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MessageSujet: Démonographie de Léviathan   Dim 17 Avr - 11:37




    Démonographie de Léviathan


    Une enfance cauchemardesque


    Il y a fort longtemps, Leto, un marin honnête et travailleur, épousa une femme dénommée Hécate. Elle n'était pas le prototype de la femme aimante et joyeuse dirons-nous, elle était plutôt caractérielle et instable. Les années passèrent et l'éloignement de Leto, trop souvent parti pour la pêche, transforma la jeune femme en une acariâtre et peu avenante marâtre, certains diront même qu'elle fût cruelle et méchante. Se sentant abandonnée et n'ayant que peu d'argent, cette dernière passait son temps libre à vendre sa vertu aux marins de passage sur les docks du port d'Oanylone. Hécate tomba enceinte durant l'une des absences de son époux et fit croire à ce dernier qu'elle attendait un enfant de lui. Le pauvre bougre ne s'était jamais méfié et pensa simplement avoir rempli son devoir conjugal.

    Ainsi vint au monde un enfant que tous deux choisirent d'appeler Léviathan. Le petit, dès son plus jeune âge, commença à montrer les mêmes signes caractériels que sa mère. Avec un père voguant toujours au gré des marées et trop fréquemment absent, son éducation incomba à Hécate, qui, dans sa folie, lui fit subir une vie comme l’on n’en souhaite à personne. Frappé dès sa plus tendre enfance parce qu'il était difficile de calmer ses pleurs, insulté quotidiennement parce qu'il était vu comme un parasite, Léviathan ne bénéficia que de très peu d'amour mais dû subir une haine incroyable durant des années. Lorsqu'il avait faim, sa mère lui hurlait dessus et ne lui donnait le sein qu'une fois sa journée pècheresse terminée, Léviathan pleurait ainsi des heures durant. Lorsqu'il réclamait un peu d'amour, Hécate le secouait tel un fétu de paille pour qu'il cesse de l'incommoder. Et si, par malheur, il lui arrivait de faire dans ses langes, il devait rester souillé jusqu'à ce que l'odeur soit si insupportable qu'Hécate finissait par le changer. A aucun moment, ses plus jeunes années ne furent agréables.

    Les temps qui suivirent ne furent pas moins affreux pour l'enfant, il ne voyait que très peu son père et profitait de ces moments d'amour qu'il pouvait enfin partager. Leto et Hécate ne s'entendait plus si bien que hurlements et gifles fusaient au sein de la maisonnée. Afin de se protéger de sa mère, Léviathan avait pris l'habitude de mentir à tous bouts de champs pour ne pas prendre une volée systématiquement lorsqu'il rentrait. Afin de se venger des sévices que lui infligeait Hécate, il avait développé une fourberie sans égal mais cela ne lui évitait cependant pas les torgnoles et autres brimades. Le jeune garçon grandit ainsi en ne voyant que trop peu celui qu'il aimait et qu'il considérait comme son père. Il voyait défiler des cohortes d'hommes dans sa demeure qui ne faisait toujours que passer, l'insultant copieusement lorsque sa présence était remarquée. Sa mère lui avait bien dit qu'elle pensait que son "géniteur" avait trépassé, mais lui, préférait mentir à son père pour garder l'amour que ce dernier lui prodiguait.

    Leto avait pour fol espoir de faire de son fils un marin confirmé. Ainsi, dès qu'il fût en âge de partir sur l'eau, il décida de l'emmener avec lui pour ses pêches. Leto lui montrait toutes les ficelles du métier, tout ce qui faisait un bon marin et il remarqua très tôt une aptitude pour la chose. Il nota bien évidemment le caractère colérique et vicieux de son fils qu'il tenta en vain de faire changer. Ainsi, les dernières années de son enfance, Léviathan les passa entre la mer et sa mère, entre moments relativement heureux et périodes tragiques. Il devint rapidement très doué pour la marine et son père lui laissa souvent la barre sur son navire, si bien que Léviathan était déjà un grand marin à l'âge de quinze ans. A cette époque, le jeune adolescent était déjà considéré comme un homme et son caractère de feu allié à ses accès de colère faisait de lui un redoutable capitaine en puissance. Leto ne le comprit que trop bien et lui donna ainsi le commandement de l'un de ses navires de pêche.



    La jeunesse dans le péché


    A peine en âge de folâtrer avec les damoiselles, Léviathan commandait déjà un beau navire de pêche avec tout son équipage dont il choisissait les membres lui-même. Le jeune homme déjà physiquement plus fort que la moyenne, s'arrangeait pour prendre des marins dociles qui ne se rebellaient pas devant son autorité et ses colères. Léviathan avait tellement subit de sévices et de brimades dans son enfance qu'il avait contenu en lui une colère pendant trop longtemps. Un soir où il devait prendre la mer, il passa en sa demeure pour préparer les derniers détails de son périple, il y croisa sa mère, ronde comme une casserole qui l'insulta à foison et lui cracha au visage sous le fumeux prétexte qu'il était un bâtard. Léviathan qui, habituellement, parvenait à se maitriser un minimum vit rouge, et une terrible colère s'empara de lui. Il s'approcha d'Hécate et la saisit par le cou avec ses deux mains. Les yeux injectés de sang et un rictus de haine dessiné sur ses lèvres, il serra ses mains en grognant, il serra tellement que le visage de sa mère devint rouge vif avec les yeux exorbités. Il ne fallu que quelques instants pour qu'Hécate cesse de respirer, Léviathan la laissa choir au sol telle un sac de blé, son corps fit un bruit sourd en s'étalant sur le parquet de la maison. Léviathan resta ainsi une bonne heure à observer sa mère ainsi étendue sur le sol, n'éprouvant aucun remord pour le geste qu'il avait fait, au contraire il se sentit encore plus fort, et surtout, libéré d'un poids devenu trop lourd pour ses jeunes épaules.


    [Illustration du jeune Léviathan, auteur anonyme]

    La haine dans le cœur et la colère dans l'âme, Léviathan était désormais incontrôlable, comme si son matricide avait entériné une destinée qui se dessinait déjà depuis de longues années. Comme il l'avait prévu, il embarqua pour une longue semaine de pêche avec tout son équipage, ayant laissé Hécate allongée à terre, sans rien n’en dire à personne, il pensa ainsi qu'en la trouvant, l'on croirait à un meurtre, perpétré par l'un des nombreux hommes venus payer ses services, qui se serait senti insatisfait par la prestation. Son équipage, il l'avait choisi avec grand soin, il prenait des hommes au corps suffisamment fort pour travailler dur mais à l'allure sympathique. Léviathan aimait hurler sur ceux qu'il employait, cherchant à repérer l'effet que produisaient ses cris et ses accès de colère, espérant pouvoir déclencher une réaction pour pouvoir corriger l'effronté qui osait se dresser devant lui. Parmi les membres de l'équipage se trouvait un garçon à peine plus jeune que lui, un dénommé Gabriel. Il l'avait repéré en raison de son amabilité et de son apparente couardise. Il s'était dit qu'en le recrutant, il aurait de quoi s'amuser et savourait déjà à l'avance tout le mal qu'il allait pouvoir lui faire. Ce qui motivait le plus le capitaine dans cette situation, c'est qu'il ne comprenait pas comment l'on pouvait être si calme et si placide, ainsi, il s'amusa à lui chercher querelle régulièrement et à le provoquer.

    Un jour, il arriva hurlant comme à son habitude, crachant sur les pêcheurs pas assez rapides à son goût, les cognant et déclenchant en eux colère et ressentiment. Souvent, certains tentaient de se rebeller et de frapper Léviathan, mais celui-ci heureux de la haine qu’ils lui vouaient, évitait toujours les coups et s'acharnait alors à les frapper le sourire aux lèvres. Gabriel n'avait rien qui ne puisse lui être reproché, il faisait bien son travail, mais Léviathan lui tomba dessus. Il lui reprocha d'avoir négligé son labeur, lui hurlant dessus pour voir sa réaction, mais Gabriel resta calme ne montrant ni colère ni haine. Les injures et cris de Léviathan glissèrent sur lui comme la pluie sur une surface lisse. Rien de ce qu'il disait ne pénétra en lui ni n'éveilla la moindre colère. Déçu de cette réaction, le capitaine lui lança un bon coup et repartit voir ailleurs. Ainsi, régulièrement pendant leurs longs voyages en mer, Léviathan brimait ses hommes et particulièrement Gabriel envers lequel il développa une haine sans pareil, haine qui se matérialisa en une colère infinie à son égard.



    L'avènement de la haine et de la colère


    Quelques années passèrent, et les hommes sous le joug de Léviathan ne purent constater qu'une aggravation de ses travers, l'on ne comptait plus les péchés qu'il avait fait, on ne comptait plus les morts qui avaient croisé sa route, et Gabriel, lui, implorait le Très haut en silence pour que cela cesse. Sur le navire, il n'était pas rare qu'un marin fut jeté par dessus bord, dans sa folie hystérique, Léviathan laissa ainsi quelques uns de ses hommes se noyer sans que personne n'y puisse rien. La justice d'Oanylon n'était pas qualifiable d'intransigeante en ce temps là, et bon nombre d'accusés s'en tiraient à bon compte, c'était donc la loi du silence qui régnait, avant tout par peur de représailles terribles. La haine qui émanait de l'homme fut indubitablement ce qui attira la créature sans nom vers Léviathan, elle s'adressa à lui sous la forme du lieutenant de la garde d'Oanylone, connu pour être un tyran sans foi ni loi, violent et vil comme nul autre. Un soir où il était à terre et sortait d'un rade, perdu dans les vapeurs de l'alcool, Léviathan vit le lieutenant, posté sur son chemin, lui bloquant le passage.

    Citation :
    Léviathan : "Casse-toi de là si tu veux pas tâter d'mes poings !"

    Homme : "Tiens donc...et tu crois que tu serais capable de me faire du mal jeune idiot ?"

    Léviathan : "J'en ai tué pour moins que ça..."

    Homme : "Bien...bien...Tu as compris le pouvoir de la haine...Ta colère t'a rendu beaucoup plus puissant... Maintenant, accomplis ton destin ! "

    Léviathan : "De quoi ? Quel destin ?"

    Homme : "Léviathan, tu ne réalises pas encore ton importance. Tu commences juste à découvrir ton pouvoir... Si nous associons nos forces, nous mettrons fin à ce mensonge qu'est l'amour et nous ferons des forts les maitres d'Oanylone !"

    Léviathan : "Ma parole, t'es aussi bourré que moi..."

    Homme : "Si seulement tu connaissais le vrai pouvoir de la colère... Ta mère ne t'a jamais dit ce qui est arrivé à ton père..."

    Léviathan : "Oh, elle m'en a dit assez ! Elle m'a dit qu'il avait été tué !"

    Homme : "Non Léviathan, je suis ton père !"

    Léviathan : "Non ! Ce n'est pas vrai...ce n'est pas possible !"

    Homme : "Lis dans ton cœur et tu sauras que je dis vrai !"

    Léviathan : "Naôooonnn..."

    Homme : "Maintenant accomplis ta destinée et tue cet usurpateur qu'est Leto. Tôt ou tard il apprendra le secret de ta naissance et alors, tu n'auras plus rien."

    Léviathan : "Et après, te reverrais-je ?"

    Homme : "Lorsque Leto sera éliminé et que tu auras vieilli, alors, je reviendrais. Sers-toi de ta haine jeune marin, laisse libre court à ta colère et un jour nous nous reverrons."

    La créature avait réussi à insuffler encore plus de vice dans l'âme du jeune Léviathan et ses mensonges rendirent le capitaine encore plus arrogant et vindicatif. Le marin en était tout retourné, enivré et en proie au pire des accès qu'il ait connu jusqu'alors, il attendit que Leto revienne de la pêche. Il prépara ainsi la venue de celui qui pensait être son père, fomentant des plans pour l'éliminer et aiguisant ses armes pour mieux combattre. Léviathan n'avait dès lors plus aucun sentiment envers les autres hormis la haine. C'était d'ailleurs bien ce qui caractérisait ce jeune homme. Enfin, le grand soir arriva, Leto, fatigué et harassé par son voyage, rentra directement sans passer par la taverne comme à son habitude. Depuis la mort de sa femme, un soulagement l'avait envahi et il pouvait enfin profiter de son chez lui, comme tout marin le faisait. Il franchit le seuil de la demeure et tomba face à Léviathan, un sextant à la main, debout et le regard plein de furie. Leto voulu lui parler pour comprendre ce qui se tramait là, mais il n'en eut pas le temps, Léviathan fondit sur lui tel un renard sur une poule et lui asséna un vigoureux coup de sextant sur le crâne. Le sang gicla et laissa des traces sur les murs de l'entrée tandis que Leto s'effondra raide mort dans une marre de sang sombre et visqueuse. Aucun cri ne se fit entendre et le jeune homme, âgé d'une trentaine d'année, laissa le corps du défunt sur place pour quitter les lieux. Certains prétendirent que Leto était mort d'un accident, mais tous, au fond, savaient qu'il y avait là un coup de Léviathan.

    C'est ainsi que Léviathan hérita de la fortune de son père, de ses navires et devint amiral d'une flotte de pêcheurs composée d'une dizaine de vaisseaux plus ou moins importants. Désormais, l'homme n'avait aucune limite à son pouvoir, en plus de sa notoriété publique d'hystérique criard et fou furieux, il avait maintenant celle d'un puissant en raison de la richesse de ses biens. Personne n'osa plus s'opposer à lui, personne sauf un homme : Gabriel. Le nouveau statut de Leviathan fit qu'il devint encore plus incontrôlable, déchaînant son vice sur tous, et engendrant ainsi la colère parmi tous ses employés, seul Gabriel resta inébranlable devant les injures et les brimades. L'amiral en restait incrédule, il ne comprenait pas comment, malgré tout le déferlement de violence dont il abreuvait Gabriel, celui-ci pouvait rester calme, obéissant et travailleur. Leur chemin se croisa moins souvent par la suite car Léviathan avait choisi de ne naviguer qu'à bord du Kraken, un grand navire à trois mâts qui le rendait fier et lui donnait l'impression d'être le maître du monde. D'ailleurs, il n'était pas rare de le voir aller à la proue et crier qu'il était le maitre du monde, les bras écartés et le regard vers l'horizon, lorsque le vent soufflait dans les voiles. La pêche était devenue une piètre activité à ses yeux et Léviathan décida de se lancer dans la piraterie. Il recruta des marins aguerris et n'ayant pas peur d'aller à l'encontre les lois, il les débusqua dans les tavernes mal famées des docks d'Oanylone, leur offrant alcool et filles de joies pour les convaincre de le rejoindre dans sa quête destructrice et malsaine.



    [Illustration de l'amiral Léviathan, auteur anonyme]

    Le règne de Léviathan débuta sur la mer d'Oane qui bordait la grande cité, lui et ses sbires partirent à l'assaut des marchands et pêcheurs qui voguaient au large des côtes, faisant montre d'une rare violence et, par mesure de sécurité, ne laissant jamais de survivant. Arraisonnant les chalutiers et autres embarcations en tous genres, l'amiral se constitua une grande réserve de biens et de marchandises qu'il revendit à prix d'or sur les marchés d'Oanylone. Au passage, il assouvissait ses désirs haineux et violents, massacrant et fracassant à tout va, laissant derrière lui des centaines de cadavres. Les autorités de la ville s'aperçurent rapidement que la piraterie avait investi les eaux locales mais comme personne n'avait jamais pu s'en sortir vivant, l'on n'avait pas idée de qui il pouvait s'agir. Léviathan avait tout de même conservé sa flotte de pêche pour donner le change mais certains commencèrent à le pointer du doigt, dénonçant à qui voulait l'entendre que l'amiral était le pirate de la mer d'Oane. Ce fut vain et Léviathan se chargea lui-même d'éliminer ses accusateurs, avec un certain plaisir d'ailleurs. L'on retrouva ainsi plusieurs hommes égorgés en plaine place publique.

    A chacun de ses retours sur la terre ferme, Léviathan rencontrait indubitablement Gabriel, à croire que leur histoire était liée dans une destinée commune. Ce dernier cherchait toujours à faire entendre raison au colérique marin, lui expliquant en quoi son vice allait le précipiter dans les abysses. Leurs entrevues se concluaient généralement de la même manière, par une grande claque dans le visage de Gabriel. Un observateur extérieur rapporta l'une de leurs joutes et cela donnait à peu près cela :


    Citation :
    Gabriel : "Léviathan ! Pourquoi tant de haine ?"

    Léviathan : "Parce que dans toute l'humanité mon gars, il n'y a que deux types d'hommes et seulement deux. Il y a celui qui reste à la place où il doit être et celui qui a son pied sur la tronche de l'autre !"

    Gabriel : "Mon Dieu, mais quelle horreur ! Qu'as-tu donc vécu pour cultiver tant de haine et de colère à l'égard d'autrui ?"

    Léviathan : "Tu vas me lâcher, oui ? Tu vas encore te ramasser une giroflée à cinq pétales dans ta mouille sinon..."

    Gabriel : "Tu le sais, je n'ai pas peur de tes menaces et tes coups ne me feront jamais réagir ! J'abhorre la violence car elle est mère de souffrance !"

    Léviathan : "Mais c'est pas vrai ça ! On t’a donc jamais appris à te taire ? Devrais-je te faire rôtir comme un porcelet, et ta famille avec, pour tu cesses de me gonfler ?"

    Gabriel : "Jamais je n'arrêterais, du moins jusqu'à ce que tu te décides enfin à changer !"

    Léviathan : "Jamais je ne changerais, je ne me laisserais pas écraser par un faible comme toi ! Et cette fois tu vas te la prendre ta mandale !"

    Ainsi allait la vie de ces deux êtres qui, sans le savoir, étaient liés par l'avenir dans une folle quête propre à chacun. Gabriel ne renonça jamais à l'idée de ramener Léviathan sur le droit chemin et cela ne fit qu'empirer le mépris que ce dernier lui vouait. Le caractère psychopathe de Léviathan était de notoriété publique si bien que la plupart des gens qui connaissaient le couple infernal se demandait quand Léviathan tuerait Gabriel, mais certains penseurs déclarèrent avec intelligence que l'Amiral n'éliminerait jamais le vertueux car sans lui, il n'aurait plus de raison de vivre.

    Un beau jour, Leviathan, toujours plus intrigué face à la tempérance de Gabriel le fit venir à lui. Quand celui-ci arriva, il vit son père, Vorian, attaché à un pilier de bois. Le haineux marin lui dit que son père avait perdu toute une cargaison de poisson, que c'était un mauvais élément et qu'il méritait une correction. Léviathan commença alors à frapper Vorian, Gabriel le supplia d'arrêter, mais plus il suppliait, plus Leviathan frappait fort. Il frappa si fort qu'il transperça le ventre de Vorian dans une explosion de sang. Ce dernier mourut sur le coup, accompagné des pleurs de son fils. Leviathan s'attendait à ce que Gabriel réagisse et, ivre de colère, tente de venger son père, mais il n'en fit rien, il tourna le dos et quitta la pièce en lançant à l'assassin que la haine et la colère ne l'atteignait pas et que sa fin était proche. Il ajouta que Dieu punirait Léviathan pour ses péchés et qu'il serait condamné à une éternité de souffrance. Cette fois, il ne laissa pas à Leviathan le temps de répondre, il partit l'âme en peine et l'Amiral lui se demanda alors ce qu'il devrait faire pour que son éternel adversaire daigne enfin lui donner raison en le frappant. Ainsi, pendant de longues années s'enchainèrent périodes de violence et de haine, meurtre et assassinat sans fondement, le plaisir que prenait Léviathan à tuer et répondre à ses accès colériques devint de plus en plus intense. Il ne rencontra plus Gabriel pendant longtemps mais cultiva à son encontre un mépris sans commune mesure avec ce qu'il avait pu être jusqu'ici. Les actes de piraterie de l'amiral devinrent légende dans la mer d'Oane et sa réputation en fut si grande que l'on venait le payer pour qu'il épargne un navire. Il abandonna une fois pour toutes la pêche et transforma sa flotte de bateaux en équipes de flibustiers à son service, écumants la mer contre vents et marées pour son compte.



    La punition de Dieu


    Oanylone avait sombré dans le vice et le péché, la haine, la guerre et la violence firent leur apparition et les hommes oublièrent définitivement l'amour du Très Haut, tous sauf sept vertueux qui avaient toujours prêché l'amour de Dieu et l'amour du prochain, chacun ayant sa propre vertu. La cité était devenue un véritable enfer où les forts et les faibles s'entretuaient pour le pouvoir. La créature sans nom était alors aux anges et préparait sa vengeance envers le Très Haut, lui prouvant par les actes des mortels que sa réponse était la bonne. Mais Dieu, même s'Il était amour, était loin d'être idiot. Il n'avait pas fait des hommes Ses enfants pour qu'ils se comportent de cette façon, il ne leur avait pas subordonné les autres espèces ni laissé la liberté de choisir leur destin pour se détruire les uns les autres tant et si bien qu'il prit la décision de punir ces humains qui peuplaient alors Oanylone, berceau de la civilisation. Il décréta qu'il engloutirait la cité dans les abysses de la terre et les feux de la divine sanction après sept jours. Dans son éternelle mansuétude, il ajouta que tous ceux qui partiraient seraient épargnés et que ceux qui auraient fait pénitence seraient admis au paradis à Ses côtés.

    La créature sans nom décida alors de retourner près de Léviathan car de mémoire d'homme, jamais personne n'avait montré tant de colère ni manifesté tant de haine envers son prochain. La créature pensa qu'avec un tel homme, elle pourrait convaincre un grand monde d'adhérer au sens qu'elle donnait à la vie humaine. C'est sous la forme du lieutenant qu'elle revint auprès de l'homme sanguinaire pour lui demander de prêcher la colère. Léviathan qui n'avait vécu qu'à travers la violence et la folie accepta, il était pleinement d'accord avec le fait que le fort dominait le faible et que cela devrait toujours être. Pour lui, l'amour était réservé aux faibles. L'amiral, comme six autres hommes, décida de diffuser le message de la créature à laquelle Dieu n'avait pas donné le nom. Ainsi, il accosta sur le port d'Oanylone pour la dernière fois et descendit prêcher la colère. Voici un cours extrait de l'un des prêches de l'amiral Léviathan rapporté par un survivant d'Oanylone ayant quitté la cité maudite le sixième jour :


    Citation :
    Léviathan : "La marche des hommes est semée d'obstacles qui sont les entreprises altruistes que fait, sans fin, surgir l'œuvre des vertueux. Béni soit-il l'homme de bonne volonté qui, au nom de la colère, se fait le berger des forts qu'il guide dans la vallée d'ombre de la mort et des larmes car il est le gardien de son frère et la providence des enfants égarés. J'abattrai alors le bras d'une terrible colère, d'une vengeance furieuse et effrayante sur les hordes impies qui prêchent et diffusent le message de Dieu. Et tu connaîtras pourquoi mon nom est l'amiral quand sur toi s'abattra la vengeance du pêcheur !"

    Six jours passèrent sous le déluge, l'orage, la grêle et le vent, nombreux furent ceux qui quittèrent cette ville maudit qu'était devenue Oanylone dans l'espoir de survivre à l'apocalypse qui allait s'y abattre. Mais, Léviathan resta, persuadé qu'il avait raison et que l'amour n'était pas le sens de la vie. Il prêcha encore et encore pour dire que le fort dominait le faible et déclara sans cesse que la colère et la haine étaient engeances salvatrices lorsqu'elles étaient maniées comme il le faisait. L'amiral était convaincu que Dieu ne tuerait pas ses propres créatures car Il était faible et l'avait, selon lui, prouvé en laissant aux hommes le libre arbitre. Il instilla dans le coeur des plus mauvais l'idée que si Dieu avait été fort, il aurait été colère et vengeance au lieu d'être amour et tempérance. Léviathan citait en exemple Gabriel qui perdait, à ses dires, son temps à prêcher l'amitié, l'amour et prouvait par ses actes son manque de courage. Beaucoup écoutèrent avec intérêt les propos du marin et beaucoup le suivirent dans sa folle entreprise et tuèrent ceux qui refusaient d'écouter Léviathan, nombreux furent ceux qui passèrent l'arme à gauche durant ses six longues journées. Mais, lors d'un prêche enlevé qu'il déclamait sur le port d'Oanylone, un homme, l'amiral Alcisde, vint tenter de faire taire Léviathan. L'homme était un proche ami de Gabriel et comptait sans doute réparer des années d'injustice, il avait préparé avec son ami l'évacuation d'un grand nombre de citoyens par la mer. Léviathan, fou de rage et de colère d'être pris à parti, projeta une énorme poutre sur le navire immobilisant celui-ci, plein à craquer d'hommes et de femmes. Tous allaient ainsi périr avec Oanylone. Léviathan assista à l'exploit de Gabriel qui sauva le bateau et vit les rescapés crier des hourras à l'attention de ce dernier. Cela le mit dans un état de rage encore plus fou mais il décida de partir plutôt que d'intervenir encore face à Gabriel.

    Puis vint enfin le septième jour, dernier jour d'Oanylone qui allait sombrer dans l'oubli et ne rester en mémoire d'homme qu'aux travers de récits sacrés. La terre se mit à trembler et des failles béantes s'ouvrirent un peu partout, des flammes infernales surgirent des profondeurs de la terre et brûlèrent la cité. Léviathan avait cependant décidé de fuir la ville et avait embarqué au dernier moment sur le Kraken, son vaisseau le plus rapide. Il pensa échapper à la colère du Très Haut en voguant vers le large. C'est là qu'il croisa une ultime fois le regard de Gabriel resté sur le port, Léviathan pensa que Gabriel était fou de croire à ce point dans le Tout Puissant et ne comprit pas pourquoi il avait décidé de se laisser emporter avec la ville. Naviguant a vive allure et sortant des encablures du port, Léviathan se croyait sorti d'affaire mais les éléments étaient déchainés et un terrible tourbillon se forma autour du Kraken pour finir par l'engloutir. Vint finalement le tour d'Oanylone qui disparu dans l'abysse emporté par les flammes purificatrices de la colère du Très Haut.



    Une éternité de colère


    Léviathan, à l'instar des six hommes qui prêchèrent pour la créature sans nom, et comme tous ceux qui restèrent à Oanylone, pêcheurs ou vertueux, fut conduit devant le Très Haut. Même en cet instant sa colère ne faiblit pas, ses yeux rougeoyants et striés de veinules ne trahissaient aucun apaisement et sa punition fut terrible. Il avait à ce point incarné la colère que Dieu l'envoya sur l'enfer lunaire avec le titre de prince démon, Il transforma son corps afin qu'il devienne le péché a travers lequel il avait vécu. Ainsi, Léviathan prit l'apparence d'un immense taureau musculeux aux yeux injectés de sang, soufflant des flammes par les naseaux. Il fut condamné à passer une éternité dans les plaines de l'enfer.

    [Illustration du Prince démon Léviathan
    d'après les propos de Sypous, auteur anonyme]

    Lors du jugement dernier, les mortels se présentent à Dieu. Selon les actes, les paroles et les pensées qu'ils ont eu au cours de leur existence terrestre, et en fonction du chemin qu'ils ont choisi, ils sont envoyés souffrir une éternité de supplices au service des princes démons ou vivre une éternité de plaisir aux côtés des archanges. Ceux qui ont péché par la colère et qui se sont abandonné à la haine de l’autre tuant et répandant le malheur, ceux qui ont tenté de toutes leurs forces de lutter contre leur condition, viennent rejoindre les rangs de Léviathan, Prince démon de la colère.

Traduit du grec par monseigneur Bender.B.Rodriguez

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Cardinal-Archevêque de Bordeaux, Rectrice de l'Ordre Cistercien.
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